Traduction juxtalinéaire de Métamorphose, livre I, lignes 127-145 d’Ovide

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Le texte étudié

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 De duro est ultima ferro ;
protinus irrupit venae pejoris in aevum 
omne nefas : fugere pudor verumque fidesque, 
in quorum subiere locum fraudesque dolique
insidiaeque et vis et amor sceleratus habendi.
Vela dabat ventis nec adhuc bene noverat illos
navita ; quaeque diu steterant in montibus altis
fluctibus ignotis insultavere carinae ;
communemque priusceu lumina solis et auras,
cautus humum longo signavit limite mensor.
Nec tantum segetes alimentaque debita dives
poscebatur humussed itum est in viscera terrae,
quasque recondiderat Stygiisque admoverat umbris                                               effodiuntur opesirritamenta malorum.
Jamque nocens ferrum ferroque nocentius aurum
prodierant ; prodit bellumquod pugnat utroque,
sanguineaque manu crepitantia concutit arma.
Vivitur ex rapto ; non hospes ab hospite tutus,
non socer a genero ; fratrum quoque gratia rara est.


                                                                       OVIDE, Métamorphoses, I, 127-145


Traduction juxtalinéaire


ultima = le dernier âge
est = est
De duro ferro = de fer dur
Protinus irrupit = aussitôt surgit
venae peioris in aevum = dans cette âge d’un métal plus vil
Omne nefas = Toute chose impie / tout le malheur
fugere = S’enfuirent
pudor verumque fidesque = la pudeur, la vérité et la loyauté
In quorum subiere locum = à la place desquelles s’insinuèrent
fraudesque dolique Insidiaeque et vis et amor sceleratus habendi = et les tromperies et les ruses et les pièges ainsi que la violence et l’amour criminel de la possession
Navita = Le marin
dabat = livrait
Vela ventis = ses voiles aux vents
neque adhuc = et jusqu’alors
bene noverat illos = il n’avait pas très bien appris à connaître ceux-ci (= les vents)
-que carinae = Et les coques des bateaux
quae diu steterant = qui s’étaient longtemps dressées
in montibus altis = dans les hautes montages
insultaverunt = bondirent
Fluctibus ignotis = sur des flots inconnus

-que cautus mensor = Et l’arpenteur avisé
signavit = marqua
longo limite = d’une longue limite
humum Communemque prius = la terre auparavant commune
ceu = comme
lumina solis et auras = la lumière du soleil et l’air
Nec tantum dives Poscebatur humus = (Et la Terres riche n’était pas seulement réclamé) et on ne réclamait pas seulement à la Terre riche
segetes alimentaque debita = les moissons et les aliments necessaires
sed = mais
itum est = on alla
in viscera terrae = dans les entrailles de la Terre
-que Effodiuntur = (et sont extraites) on extrait
opes = les richesses,
Quas recondiderat = que la Terre avait dissimulé
-que admoverat = et qu’elle avait enfoui
Stygiis umbris = dans les ombres du Styx
irritamenta malorum = stimulant des maux

Jamque = Et déjà
nocens ferrum = le fer nuisible
ferroque nocentius aurum = et plus nuisible que le fer, l’or
Prodierat = étaient apparus.
prodit = apparait
bellum = la guerre
quod pugnat utroque = qui combat au moyen de l’un et l’autre
Sanguineaque manu = et qui, de sa main sanglante
concutit = agite
crepitantia arma = ses armes cliquetantes
Vivitur ex rapto = on vit de vol
non hospes tutus = l’hôte n’est pas protégé
ab hospite = par son hôte
Non socer = (ni) le beau-père (n’est pas protégé
a genero = par son gendre
fratrum gratia = la bonne entente entre les frères
quoque rara est = est rare également

Traduction


De fer dur est le dernier âge ; aussitôt se précipita dans cette ère d’un métal plus vil tout ce qui est impie : fuirent la pudeur, la vérité et la fidélité à la place desquels s’insinuèrent et les tromperies et les ruses et les pièges ainsi que la violence et l’amour criminel de la possession. Le marin livrait les voiles au vent et jusqu’à lors il n’avait pas bien appris à connaître ceux-ci ; et les coques des bateaux qui s’étaient longtemps dressées sur les hautes montagnes, bondirent sur des flots inconnus et l’arpenteur avisé marqua d’une longue limite la terre auparavant commune comme la lumière du Soleil et l’air. Et on ne réclamait pas seulement à la terre riche les moissons et les aliments nécessaires, mais on alla dans les entrailles de la terre et on extrait les richesses qu’elle avait cachées et qu’elle avait repoussées dans les ombres du Styx stimulant des maux. Et déjà le fer nuisible et plus nuisible que le fer, l’or avaient paru ; parait la guerre qui combat avec l’un et l’autre et (qui) de sa main sanglante agita les armes cliquetantes. On vit du vol ; l’hôte n’est pas protégé par son hôte, ni le beau-père par son gendre ; la concorde des frères est également rare.


Voir la lecture analytique de Métamorphose, lignes 127-145 d’Ovide

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