TPE : l'oeil

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L’œil

L’œil est l'organe récepteur de la vision.


                    I.       Anatomie générale

1)      Le globe oculaire et la sclérotique

                L’œil humain est un globe pratiquement sphérique d’environ 25 mm de diamètre. Il est entouré à l’extérieur par une membrane résistante et protectrice appelée la sclérotique. Elle recouvre environ les cinq sixièmes de la surface de l’œil et elle lui donne sa couleur blanche et sa rigidité.

2)      Les muscles de l’œil

                Ces muscles au nombre de sept assurent pour six d’entre eux la fixation et le mouvement du globe oculaire (muscles oculomoteurs) et le septième commande la paupière supérieure. Ces muscles sont dits striés car ils sont composés de fibres musculaires, entourés de tissu conjonctif. Ils sont appelés comme tels en raison de leur aspect en microscopie et s'opposent ainsi aux muscles lisses. Les muscles striés ont 4 propriétés essentielles :
                - L'excitabilité : est la propriété qui permet à un muscle à réagir à une stimulation
                - La contractilité : est la propriété du tissu musculaire de pouvoir se raccourcir à tout stimulus de façon à mobiliser les os auxquels ils sont rattachés, la contractions entraîne le raccourcissement, l'épaississement et le durcissement du muscle.
                - L'élasticité : est la propriété du tissu musculaire de reprendre sa forme initiale lorsque s'arrête la contraction.
                - La tonicité : est la propriété du muscle à être dans un état permanent de tension (tonus musculaire).

                Le mouvement d'un œil entraîne automatiquement le même déplacement pour l'autre. Les mouvements oculaires sont associés. Cette conjugaison des deux yeux permet à la vision de reconnaitre toutes distances et de voir en relief, c’est-à-dire en 3D.

3)      L'humeur vitrée

               Elle occupe 80% du volume de l'œil, il s’agit d'une gelée (acide hyaluronique) qui donne à l'œil sa consistance.

4)      L'iris (qui vient du grec iris qui veut dire arc-en-ciel)

               Il s'agit du diaphragme de l'œil percé en son centre par la pupille. C'est un muscle qui fait varier l'ouverture de la pupille (entre 2,5 et 7 mm) afin de modifier la quantité de lumière qui pénètre dans l'œil pour éviter l'aveuglement en plein soleil ou pour capter le peu de rayons la nuit.
               La couleur de l'iris est déterminée par la présence d'un pigment, la mélanine, le même composé chimique qui donne aussi leur couleur aux cheveux et à la peau. L'iris est bleu si la mélanine est peu concentrée, il est plus foncé quand la concentration augmente. Tous les nouveau-nés ont les yeux bleus parce que la mélanine est enfouie profondément dans le tissu de l'iris et quelques mois plus tard cependant, la mélanine peut se rapprocher de la surface de l'iris et modifier sa couleur.

5)      La pupille

Il s'agit d'un trou au centre de l'iris permettant de faire passer les rayons lumineux vers la rétine.

                           II.               La partie avant de l’œil

                L'œil comporte deux lentilles convergentes naturelles : la cornée et le cristallin afin de concentrer les rayons lumineux sur la rétine au fond de l'œil.

1)      La cornée

C‘est la partie transparente de la sclérotique située à l’avant de l’œil. La cornée est une membrane solide de 11 mm de diamètre au travers de laquelle la lumière entre à l'intérieur de l'œil. La cornée est privé de vaisseaux sanguins (sinon notre vision serait troublée), elle est donc nourrie par un liquide fluide comme l'eau : l’humeur aqueuse. La cornée est la principale lentille de l'œil, elle assure environ 80% de la réfraction.

La réfraction de la lumière au niveau de la cornée

2)      L’humeur aqueuse

La cornée contient 78% d'eau et pour maintenir ce degré d'hydrophilie, elle est recouverte de larmes alimentées en continu par les glandes lacrymales et réparties par le battement des paupières.

3)      Le cristallin

                C'est une lentille auxiliaire molle et composée de fines couches de cellules empilées sur 4 mm. Le cristallin n'est ni innervé ni vascularisé ce qui explique sa transparence. Le cristallin est un organe déformable, contrairement à la cornée. La forme de celui-ci se modifie par l’action du muscle ciliaire en fonction de la position, plus ou moins éloignée, de l’objet à observer. Le cristallin assure la mise au point : c’est l’accommodation. Tout comme la cornée, il a pour but de diriger les rayons lumineux vers la rétine où l’image de l’objet se forme.

                III.      La partie arrière de l’œil là où l’image de l’objet se forme

1)  La choroïde

                C'est l’une des couches de la paroi du globe oculaire, située entre la sclérotique à l’extérieur et la rétine à l’intérieur. C'est une couche vasculaire de couleur noire qui tapisse l’arrière du globe oculaire (les trois-cinquième) et qui assure la nutrition en oxygène et en nutriment de l’iris et des photorécepteurs rétiniens. Sa structure assure l'absorption des rayons lumineux inutiles pour la vision. En fait, elle permet de créer une chambre noire pour que les rayons lumineux ne rebondissent pas dans l'œil : sans cela, chaque rayon se réfléchirait et arriverait à plusieurs endroits et l'image serait floue.
La membrane de Bruch est la couche la plus interne de la choroïde.
Le contact entre la rétine et la choroïde se fait grâce à un tissu appelé épithélium pigmentaire rétinien.

La partie arrière de l'oeil en détail


2)  La rétine

a) La structure de la rétine

                La rétine est une membrane constituée de cellules nerveuses (ou neurones) connectées les unes aux autres et formant un réseau complexe.
                Un neurone type est constitué d'un corps cellulaire et de prolongements cytoplasmiques : dendrites et axone. Il comprend une zone réceptrice (dendrites et corps cellulaire) qui reçoit les messages issus d'autres neurones et une région émettrice où le message est élaboré (à la base de l'axone), puis conduit vers d'autres neurones (extrémité de l'axone : synapse).           

Un neurone type

                La rétine est constituée de trois couches de cellules nerveuses :

- la couche la plus éloignée du cristallin est celle des cellules photoréceptrices : ce sont les seuls     neurones de la rétine excitables par la lumière. C'est dans ces neurones sensoriels que naît le    message nerveux. Leurs axones sont en contact avec les cellules nerveuses bipolaires ;

- la couche moyenne est constituée de cellules nerveuses bipolaires dont les axones sont en rapport avec les dendrites et les corps cellulaires des cellules nerveuses multipolaires ;

-la couche la plus interne est celle des cellules nerveuses multipolaires (ou cellules ganglionnaires) dont les axones constituent les fibres du nerf optique.

                                                                    La structure de la rétine
                La lumière doit donc traverser deux couches avant d'atteindre les cellules réceptrices et les stimuler. Le message nerveux qui naît de cette simulation se propage alors en sens inverse, de la couche des cellules photoréceptrices vers les neurones multipolaires.



On différencie un neurone multipolaire d'un neurone bipolaire par son nombre de neurites. Une neurite est le prolongement du corps cellulaire d'un neurone, autrement dit soit un axone soit une dendrite. Un neurone bipolaire comprend 2 neurites tandis qu'un neurone multipolaire comprend 3 ou plus neurites.
Ainsi un neurone multipolaire pourra capter beaucoup plus de messages nerveux qu'un neurone bipolaire.


b) Les cellules photoréceptrices

                b1) Organisation
               
                Il existe deux types de cellules photoréceptrices qui diffèrent par leur segment externe : elles sont soit en forme de cône, soit en forme de bâtonnet d'où la distinction des deux types de cellules photoréceptrices, les cônes (5 à 7 millions) et les bâtonnets (environ 130 millions).

C'est dans le segment externe, dans les disques, que l'on trouve les pigments qui ont la propriété d'absorber les radiations lumineuses. Cette absorption déclenche un processus complexe qui aboutit à la naissance d'un message nerveux.


                La rétine contient quelques zones particulières de part la répartition des photorécepteurs sur celle-ci:             
                - la macula : région centrale de la rétine, située proche de l'axe optique. Elle contient une majorité de cônes ;
                - la fovéa : région centrale de la macula où se concentrent les cônes. Cette région forme une petite dépression au centre de la rétine où l’acuité visuelle est à son maximum ;
                - La papille : région d'émergence du nerf optique (le nerf optique est constitué des axones des neurones multipolaires) et dépourvue de photorécepteurs.

La répartition des cellules photoréceptrices

La densité des photorécepteurs par mm² en fonction de l'excentricité en degrés par rapport à la fovéa

                b2) Le fonctionnement des cellules photoréceptrices en faible éclairement

                Seuls les bâtonnets sont fonctionnels en faible éclairement. Le grand nombre de disques de leur segment externe et les propriétés de leur pigment, la rhodopsine, les rendent 1000 fois plus sensibles à la lumière que les cônes.
                La rétine périphérique, riche en bâtonnets, est donc la rétine fonctionnelle en faible éclairement.
                En faible éclairement, la perception des couleurs est impossible, car les bâtonnets contiennent tous le même pigment, la rhodopsine. Tous les bâtonnets stimulés répondent donc de la même façon aux mêmes longueurs d'onde :
                Par exemple, pour une intensité lumineuse donnée, la réponse d'un bâtonnet (le message nerveux), qui dépend du nombre de photons absorbés, est exactement la même pour une radiation de longueur d'onde de 450 nm (bleu-violet) que pour une longueur d'onde de 540 nm (vert-jaune) : il n'y a donc pas de discrimination des couleurs. Les bâtonnets ne sont pas fait pour différencier les couleurs mais pour distinguer des formes, des objets.
               
                En revanche on note que lorsque les conditions d'éclairage deviennent plus faibles les éléments qui étaient  bleu/vert dans les conditions normales d'éclairage deviennent plus lumineux que les autres éléments. Cela s'explique par le fait que le pic d'absorption maximale des bâtonnets (498 nm) se situe dans la partie bleue du spectre des lumières visibles.

                En conclusion, en fonction de la longueur d'onde lumineuse, la réponse des bâtonnets sera toujours le même type de signal mais d'intensité différente. En quelque sorte, avec les bâtonnets, nous voyons en noir et blanc avec des nuances de gris.

                                 Spectre d'absorption des bâtonnets

                b3) Le fonctionnement des cellules photoréceptrices en fort éclairement

            Seuls les cônes sont fonctionnels en fort éclairement. Il existe trois types de cônes qui diffèrent par leur pigment et donc par des spectres d'absorption différents :
- les "cônes bleus" présentent une absorption maximale des photons à 437 nm, c'est-à-dire à des longueurs d'ondes situées dans le bleu-violet (pigment S [small]) ;
- les "cônes verts" présentent une absorption maximale des photons à 533 nm, c'est-à-dire à des longueurs d'onde situées dans le vert (pigment M [middle]) ;
- les "cônes rouges" présentent une absorption maximale des photons à 564 nm, c'est-à-dire à des longueurs d'ondes situées dans le jaune-rouge (pigment L [long]).
                Ces 3 pigments sont des  opsines. Ils diffèrent d'un type de cône à l'autre.

Spectre d'absorption des cônes

                Le graphe présente les spectres d'absorption des 3 types de cônes  de la rétine. On constate que ces spectres se superposent partiellement : une lumière colorée donnée est donc plus ou moins absorbée par plusieurs types de cônes. Par exemple, si des cônes rouges et verts sont stimulés simultanément, nous percevrons une couleur jaune ou orange selon la population de cônes la plus fortement stimulée.

                b4) Récapitulatif

Variation du seuil de réponse des photorécepteurs en fonction de la longueur d’onde
Le Doc. montre que les bâtonnets sont stimulés à partir d’une intensité lumineuse d’1 lux alors que les cônes sont stimulés à partir d’une intensité lumineuse de 10^3 lux, c’est-à-dire mille fois plus élevée. Les  bâtonnets étant  stimulés lors de  faibles éclairements, on peut en déduire qu’ils  permettent la vision nocturne. Les  cônes sont  stimulés lors de  forts éclairements. On peut donc en déduire qu’ils  participent à la vision diurne. Les cônes ne participent qu’à la vision diurne alors que les bâtonnets participent à la vision diurne et nocturne. Le Doc. montre également qu’il existe 3 types de cônes : des cônes absorbant préférentiellement les radiations lumineuses bleues, d'autres,  les radiations lumineuses vertes et d'autres, les radiations lumineuses rouges. Ils présentent donc un maximum de sensibilité pour une couleur donnée. Mais dans tous les cas, les intensités lumineuses nécessaires pour leur stimulation est au moins supérieure à 1000 lux, ce qui correspond à de forts éclairements. La vision des couleurs ne peut donc se faire qu’à de forts éclairements.

Les deux systèmes cellulaires visuels sont complémentaires dans la rétine


Les bâtonnets :
- ils sont extrêmement sensible à la lumière mais en revanche ils ne fournissent pas une image nette des objets ;
- ils permettent une vision en noir et blanc ou plus exactement en nuances de gris ;
-ils ne fonctionnent qu'en faible éclairement (une lumière forte les sature, c'est-à-dire rend leur pigment insensible à la lumière).
Les cônes :
- ils ne fonctionnent que si la luminosité est suffisamment importante  (seuil des cônes);
- ils permettent alors une vision précise d'une part, colorée d'autre part ;
-ils sont donc spécialisés pour une bonne acuité visuelle au détriment de la sensibilité.



c) Acuité visuelle

                La discrimination des détails est imparfaite à la périphérie de la rétine car, dans cette région, des centaines de cellules réceptrices (surtout des bâtonnets) sont reliées à une seule cellule bipolaire et plusieurs cellules bipolaires à une seule cellule multipolaire. L'acuité visuelle est beaucoup plus importante en vision centrale (au niveau de la fovéa) où chaque photorécepteurs (cônes) est relié à un neurone bipolaire qui lui est relié à un seul neurone multipolaire.

- à la fovéa :
une cellule photoréceptrice (cône) → une cellule bipolaire → une cellule multipolaire
- à proximité de la fovéa (la macula) :
10 cellules photoréceptrices → 5 cellules bipolaires → une cellule multipolaire
- à la périphérie de la rétine :
200 cellules photoréceptrices → 10 cellules bipolaires → une cellules multipolaire


d) La transmission du message nerveux

                Après la conversion du message lumineux par les photorécepteurs, l’information doit passer par les cellules bipolaires avant d’arriver aux cellules ganglionnaires et enfin le nerf optique de l’œil. Afin de mieux comprendre comment le message est transmis à travers toutes ces étapes, nous étudierons le fonctionnement général de la transmission d’une cellule nerveuse à une autre.

Qu'est-ce que la transmission synaptique ?

                Dans le corps humain, les échanges entre neurones sont effectués par des synapses qui font le contact entre  deux cellules.
La synapse est constituée de trois parties :
- L’élément pré-synaptique, un prolongement du neurone (prolongement de l'axone), formé d’un renflement appelé bouton synaptique, celui-ci est rempli de petites vésicules contenant des neurotransmetteurs qui sont produits sur place.
-L’élément post-synaptique, avec une membrane pourvue de récepteurs spécifiques pour recevoir ces neurotransmetteurs  et permettre la transmission du message nerveux.
-Et enfin l’élément inter-synaptique, aussi appelé fente synaptique, c’est un petit espace qui sépare les deux éléments pré et post-synaptique, sa taille est de l’ordre des dizaines de nanomètres.

                                                           Une synapse

                Lorsqu’un influx nerveux est transmis dans un neurone, il « voyage »  sous la forme d’un potentiel d’action. Arrivé à l’élément pré-synaptique, cette information change de nature et traverse l’élément inter-synaptique grâce aux neurotransmetteurs. Ces neurotransmetteurs sont libérés par l’arrivée de l’information qui éclate les vésicules (=exocytose). Plus la fréquence du potentiel d’action dans le neurone pré-synaptique est élevée, plus la libération des neurotransmetteurs sera importante.

La transmission du message nerveux au niveau de la synapse


                Après avoir traversé l’espace inter-synaptique, les neurotransmetteurs se fixent sur les récepteurs prévus à cet effet, plus il y en aura de fixés, plus le neurone sera stimulé et son activité importante.

La transmission du message nerveux au niveau de la synapse

Nous allons donc maintenant voir les différentes étapes de la transmission du message nerveux.

                d1) La conversion photo-électrique au niveau des photorécepteurs

                Les photorécepteurs rétiniens, cônes et bâtonnets, sont des neurones spécialisés dans la réception de l’énergie lumineuse, et dans la réception des photons, particules transportant de l’énergie lumineuse. Il existe différentes molécules photosensibles appelées opsines, ou rhodopsine. 
L’arrivée d’un photon déclenche une cascade de réactions photochimiques ayant pour point de départ un des pigments rétiniens présents dans le segment externe (ou dendrite) d'un photorécepteur rétinien, cône ou bâtonnet. Celles-ci modifient les propriétés électriques de la cellule photoréceptrice et donnent ainsi naissance à un message nerveux électrique, ou électrochimique, qui progresse vers l’axone des photorécepteurs activés. 
L’énergie lumineuse est convertie en énergie électrique : c’est la conversion photo-électrique. 


                d2) La transmission des photorécepteurs aux cellules bipolaires

                Le rôle des neurones bipolaires est d’inhiber l’activité de certaines cellules, afin d’augmenter le contraste, ceci est possible grâce à l’existence de deux types de synapses, les synapses excitatrices et les synapses inhibitrices. En effet, la synapse peut soit transmettre une information, soit l'empêcher de passer. Dans le cas de la vision, si certains photorécepteurs sont moins illuminés que ceux juste à coté, la suppression des signaux provenant de ces photorécepteurs augmentera le contraste et la définition du stimulus visuel. Du fait de ces différentes liaisons, les neurones bipolaires ont un champ récepteur de type centre-périphérie de type ON ou OFF.
                Le champ récepteur d'un neurone sensoriel désigne l'ensemble des récepteurs en relation avec le neurone sensoriel. Il est constitué de deux parties : centre et périphérie, antagonistes l’une de l’autre (centre excitateur, périphérie inhibitrice). Il améliore le contraste et donc la précision de l’information.
                L’influx nerveux dépendra donc de quelle partie est la plus illuminée. Si c'’est la partie ON, la cellule sera dépolarisée, si au contraire il s’agit de la partie OFF, la cellule sera hyper polarisée.

Le champ récepteur d'une cellule bipolaire et la réponse de celle-ci


               
Dans la rétine, tous les neurones, à l’exception des cellules ganglionnaires, transmettent l’influx nerveux non pas sous forme de potentiel d’action mais sous forme de potentiel gradué. La notion de réponse ON, quand une dépolarisation augmente la libération de neurotransmetteurs, et de réponse OFF, quand une hyperpolarisation diminue la libération de neurotransmetteurs, reste cependant valide.
                Le potentiel gradué, aussi dit potentiel local, est une modification locale et brève (dépolarisante ou hyperpolarisante) du potentiel membranaire. Ce potentiel gradué, est provoqué par le mouvement des neurotransmetteurs à travers la membrane plasmique de la cellule.
                Le potentiel est dit " gradué " car il est proportionnel à l'intensité du stimulus détecté (dans ce cas la lumière).
A l'inverse, le potentiel d'action est régi par la loi du tout ou rien.
                Une des conséquences de cette propriété est que le potentiel gradué se déplace passivement sur de courtes distances (seulement sur quelques millimètres) en perdant de son intensité. A l'inverse, le potentiel d'action se déplace sur de grandes distances (plusieurs mètres).
                Après les cellules bipolaires, l’influx nerveux doit passer par les cellules ganglionnaires, nous allons donc voir comment la transmission se passe à ce niveau là.



                d3) La transmission des cellules bipolaires aux cellules ganglionnaires

                Avant tout, il faut savoir qu’il existe trois sortes de cellules ganglionnaires. Les  cellules ganglionnaires de type P, pour petit en latin, et les cellules ganglionnaires de type M, pour grand en latin. Il  existe une dernière sorte, des cellules ganglionnaires non M- non P dont on ne sait pas encore grand-chose,  ces différents types occupent respectivement 90%, 5% et 5% des cellules ganglionnaires présentent dans la rétine.




                -Les cellules de type M présentent un plus grand champ récepteur, et ainsi propagent leurs potentiels d'action plus rapidement dans le nerf optique. Elles sont plus sensibles au stimulus peu contrasté et la réponse positive d'une cellule M à une stimulation est une brève salve de potentiels d'action. On admet que ce type de cellules est spécialisé dans la détection du mouvement. Elles ne distinguent pas non plus les longueurs d'onde de la lumière, ce qui explique qu'elles ne sont pas situées dans la fovéa.
                -Les cellules de type P répondent de façon plus tonique et maintiennent la réponse aussi longtemps que dure le stimulus. Les cellules P sont plus sensibles à la forme et aux détails de l’objet dû à sa petite taille. Celles si sont des « cellules à opposition simple de couleur », cela veux dire que leurs champs récepteurs, du même type que celui des cellules bipolaires, ont leur centre composé de cônes sensibles à une couleur et leurs périphéries à une autre. Le signal final de la cellule dépendra de l'opposition des réponses aux deux couleurs.       
                Les cellules ganglionnaires apportent donc au cerveau de l’information déjà partiellement traitée en ce qui concerne la couleur sous forme de potentiel d’action, qui peut se déplacer plus longtemps et sur de plus grandes distances. Cela est nécessaire car ce sont les axones des cellules ganglionnaires qui forment le nerf optique qui va vers le cerveau.
                d4) Récapitulatif

                Toute l’organisation de la rétine est basée sur ses  différents champs récepteurs qui fonctionnent de manière oppositive centre-périphérie. Ce fonctionnement permet d’accentuer les contrastes durant le traitement de l’information et ainsi d’améliorer la qualité de la vision. Cette accentuation est possible aussi grâce au fait qu’un champ, composé d'un grand nombre de cellules nerveuses est pris en charge par une seule des cellules suivante dans la rétine. Cette cellule peut donc transmettre une synthèse plus précise.
                L’influx neveux se propage de cellules nerveuses en cellules nerveuse grâce aux synapses qui les unissent. L’information circule d’une cellule à l’autre grâce aux neurotransmetteurs qui polarisent ou dépolarisent les cellules.



                Toute cette information circule dans la rétine sous forme de potentiel : il débute comme potentiel  membranaire suite à la transduction, il passe en potentiel gradué dans les cellules bipolaires et enfin sous forme de potentiel d’action dans les cellules ganglionnaires et finalement le nerf optique.

                IV.       L'analyse de l'image grâce au cerveau

1) La liaison rétine-cortex cérébral

                La perception visuelle ne naît pas au niveau de la rétine. Celle-ci transforme l'image en messages nerveux qui sont ensuite véhiculés jusqu'au cortex cérébral. La perception visuelle résulte de l'interprétation de ces messages par le cortex.
                Les messages issus de la rétine arrivent dans une zone précise du cerveau, située dans le lobe occipital, appelée cortex visuel primaire ou aire visuelle primaire.

Les grandes régions du cortex cérébral
               


                Les messages issus d'une région précise de la rétine arrivent aussi en une région précise du cortex visuel. Il existe donc une représentation corticale de la rétine, mais elle est déformée. En effet, la zone du cortex visuel primaire qui traite les messages issus de la fovéa est surreprésentée par rapport au reste de la rétine. Cela est en rapport avec le fait que la fovéa est la région de la rétine permettant l'analyse de l'image la plus précise.
                En raison du croisement des fibres nasales des deux nerfs optiques, le cortex visuel droit traite des messages venant du champ visuel de l'oeil gauche et vice versa.

Coupe transversale du cerveau et liaison rétine-cortex
                2) Les deux grandes voies de traitement de l'information visuelle


                Le traitement des informations visuelles fournies par le cortex visuel primaire s'effectue selon deux grandes voies : la voie ventrale (ou occipito-temporale)  et la voie dorsale :

                - la voie ventrale est spécialisée dans le traitement de la forme et plus généralement des caractéristiques physiques des objets ; cette voie intervient dans l'identification.

                - la voie dorsale est engagée dans la localisation des objets et leur analyse dans l'espace (analyse du mouvement). Elle intervient dans l'envoi des commandes motrices permettant de manipuler les objets.

                             Les voies de traitement des informations visuelles


3) Des aires visuelles spécialisées
                Grâce à l'imagerie médicale, on a pu découvrir que le traitement de l'information visuelle ne se fait pas globalement, mais nécessite la coopération des aires visuelles spécialisées.
                Par exemple, sur la voie ventrale, dans le lobe occipital, on a mis en évidence l'aire V4, très proche de l'aire visuelle primaire, spécialisée dans la reconnaissance des couleurs. Les patients chez qui cette aire est détruite décrivent leur environnement comme terne, formé seulement de nuances de gris. Ils restent toujours capables de percevoir la forme des objets, de les identifier. Pourtant leur rétine est normale et ils possèdent les trois types de cônes.
                Dans le lobe temporal (voie ventrale), on a mis en évidence des aires spécialisées dans la reconnaissance des objets, des mots écrits, des visages, des éléments de l'environnement (paysages, bâtiments ...).


Les aires spécialisées



                Le cerveau construit une représentation visuelle du monde grâce à de nombreuses aires visuelles spécialisées fonctionnant en parallèle. Néanmoins, notre expérience de tous les jours indique que chaque scène visuelle est perçue comme un tout. Cela est lié au fait que toutes ces aires sont interconnectées et en liaison avec des aires intégratives situées notamment dans le cortex frontal, d'ou résulte une vision unifiée.

Conclusion

                L’œil doit d’abord obtenir une image du monde extérieur parfaitement au point sur la rétine, ce qui demande un système optique élaboré (composé de la cornée, du cristallin et du diaphragme irien). Ensuite le système nerveux (rétine, voies visuelles et cerveau) doit transmettre fidèlement cette image depuis l’œil jusqu’au cerveau. Enfin, ce dernier doit réélaborer les informations reçues pour les faire émerger sous la forme d’une image.






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