Latin : exposé sur les Empereurs Julio-claudiens




Les Empereurs Julio-claudiens


  
I : les Empereurs Julio-claudiens

César est souvent considéré comme le 1er Empereur mais c’est faux : en -44, l’Empire n’est pas encore instauré, il a le statut de dictateur à vie dans la République romaine à laquelle Auguste met fin

a)                  Auguste : -27 ; 14 : Neveu et fils adoptif de Jules César (vrai nom Octave), à la mort de César en -44 il créa le Principat après rivalités et arrangements avec le Sénat en -27. C’était un grand orateur et magistrat, il eut un des règnes les plus longs de l’Empire.

b)                 Tibère : 14 ; 37 : Fils adoptif d’Auguste, génie militaire (nombreuses conquêtes avec son neveu Germanicus), il fit de nombreuses réformes économiques, politiques et militaires (arrêt de l’expansion et consolidation des frontières). Il eut une mort + ou – naturelle (plusieurs théories ; assassinat par Germanicus, mort naturelle …)

c)                  Caligula : 37 ; 41 : fils du Général Germanicus (petit neveu de Tibère), obtint au début la faveur du peuple et devient tyrannique (assassinats …). Il mourut tué par la garde prétorienne (le Sénat a comploté son assassinat car il était constamment en opposition)

d)                 Claude : 41 ; 54 : oncle de Caligula et petit-fils d’Octavie la sœur d’Auguste, n’était pas réellement destiné au pouvoir mais il s’avèrera être un grand magistrat et dirigeant, a favorisé l’expansion militaire de l’Empire et l’extension de la citoyenneté romaine (Tables Claudiennes en 48) dans les provinces romaines (Gaule, Narbonnaise … (il était origine de Gaule)). Empoisonné par sa dernière femme Agrippine dont il a adopté le fils Néron

e)                 Néron : 54 ; 68 : fils d’Agrippine et fils adoptif de Claude, il fut considéré comme un Empereur fou (assassinat d’Agrippine et de Britannicus) voir nos Commentaires Séquence II : il est soupçonné d’avoir provoqué l’incendie de Rome (Tacite) .

II : Le fonctionnement de l’Empire

a)                  La mise en place de l’Empire (par Auguste)

A la mort de César, appuyé par Cicéron, Octave tenta d’écarter son principal rival Marc-Antoine du pouvoir , mais il finit par être obliger de s’allier avec lui et avec Lépide, un autre prétendant césarien : ils formèrent ensemble un Triumvirat (Antoine = Orient , Lépide = Afrique , Octave = Occident ). Les Triumvirus éliminèrent leurs ennemis sénateurs et toute l’ancienne garde administrative (dont Cicéron notamment). Lépide fut progressivement écarté du Triumvirat et les tensions entre Octave et Marc-Antoine s’accentuèrent avec la question du partage des territoires africains de Lépide et de la liaison entre Marc-Antoine et Cléopâtre (le Sénat ne voulut pas au pouvoir un homme allié à une reine « barbare »). Au cours d’une bataille à Actium en -31, Octave élimina définitivement Marc-Antoine et en -27 grâce à ses nombreux discours, Octave devint « Auguste » (signifie « sacré » d’où le culte impérial qui va s’instaurer) et se vit confier les pleins pouvoirs par le Sénat.

b)                 Le fonctionnement de l’Empire

Auguste concentra tous les pouvoirs entre les mains de l’empereur. Il fut protégé en permanence par la garde prétorienne. Il eut aussi le contrôle de l’armée, dont il assure le financement.

Il créa un système d'ordres pour mettre fin à la lutte entre sénateurs et chevaliers. Pour faire partie du sénat, le citoyen romain devait posséder 1 million de sesterces. Leurs privilèges furent de gérer les anciennes magistratures républicaines et devenir sénateurs une fois qu'ils étaient questeurs. Pour faire partie de l'ordre équestre, le citoyen devait posséder 400.000 sesterces. Les Chevaliers constituèrent la noblesse et firent carrière dans les charges nouvelles (préfectures, procuratèles).

Une carrière sénatoriale fut créée sur le modèle du cursus honorum, avec des conditions d’âge plus basse que sous la République et de nouvelles charges impériales :
-   la carrière commençait à 17 ans par une année dans les fonctions administratives ou juridiques (vigintivirat) ;
-   environ un an de service militaire à 18 ans, comme tribun légionnaire (laticlave) dans une légion ;
-   questeur à 25 ans, magistrature qui s’accompagnait l’inscription au Sénat ;
-   édile ou tribun de la plèbe à 27 ans
-   préteur à 30 ans : des postes dans les fonctions juridiques, légat de légion, préfet du trésor (ærarium) ;
-   consul à partir de 33 ans : titre honorifique qui donnait accès aux postes de légat de province, (voir proconsul en Asie ou en Afrique) ;
-   consul ordinaire ou éponyme, sommet du cursus pour les hommes les plus appréciés, qui peut déboucher sur la préfecture de la Ville.


c)                  Administrations territoriales

Auguste découpa l’Empire en deux types de provinces : les provinces pacifiées et impériales réparties entre le Sénat qui possédait les provinces pacifiées anciennement et le pouvoir impérial (imperium majus) qui possédait les provinces impériales situées aux frontières de l'Empire et donc possédait les forces armées car ces provinces en avait besoin. Auguste aussi voulut récompenser les soldats des vingt-huit légions en leur offrant des terres : ce fut la proscription.

Sous le règne de Claude, l'Empire s’agrandit : cinq provinces s'ajoutèrent à l'Empire (la Bretagne, la Lycie, la Mauritanie, la Norique et la Thrace).

Au IIe siècle, la superficie de l'Empire romain fut à son maximum et compta entre 50 et 80 millions d'habitants.

d)                      Grands travaux

La ville de Rome s’embellit : des architectes hellénistiques sont sollicités. De belles pierres furent exportées de très loin pour bâtir des édifices et monuments. La Rome de marbres remplaça la Rome de briques Les richesses importées des pays autour de Méditerranée augmentaient la beauté et le luxe des monuments romains. Auguste alla jusqu’à faire venir des obélisques égyptiens.

Octave commença en construisant sur le Palatin un temple d’Apollon (achevé en 28), « Mars Ultor » (Mars vengeur de César achevée en 2 av. J.-C.). Il fit élever au centre d’un nouveau forum, le Forum d’Auguste. Au Champ-de-Mars, Cornelius Balbus éleva un théâtre et Statilius Taurus un amphithéâtre. Agrippa construisit les thermes qui portent son nom (ce sont les premiers thermes monumentaux de Rome) ainsi que pour le nouveau port qui jeta sur le Tibre. Au Champ-de-Mars encore, Agrippa fit construire  le Panthéon, c’est-à-dire le temple de tous les dieux, mais les divinités qui y étaient adorées n’étaient que Mars, Vénus et le divin Jules. Claude bâtit deux aqueducs l’Aqua Claudia, qui avait été commencé sous Caligula, et l’Aqua Anio Novus et restaura un troisième, l’Aqua Virgo. Il construisit aussi un canal navigable sur le Tibre.

Les empereurs eurent aussi comme devoir d’améliorer le réseau routier en Italie et dans les provinces. Beaucoup de travail fut accompli en Gaule, par Auguste et Agrippa. Auguste organisa la grande artère méridionale et les routes de la région nord-ouest d’Espagne. Auguste améliora aussi les communications en Égypte et en Asie mineure.

e)                  Travail culturel

                   Auguste pendant son règne, encouragea et favorisa la littérature et la poésie. Poètes comme Horace, Virgile, Ovide et les historiens comme Tite-Live furent protégés et encouragés par Mécène, un ami d’Auguste.

f)                       Contexte social

La société civique romaine n’avait jamais été égalitaire et ne dut jamais le devenir. Les différences y étaient plus marquées par la dignité (« dignitas ») que par la fortune.

A la fin de la République, l’affranchissement devint inquiétant. En effet, deux dangers menaçaient la société civique : un trop grand nombre d’affranchissements et la dépopulation. L’affranchi devenait citoyen romain sous des restrictions faibles. Et l’extension fut importante chez les riches car ils voulaient un grand nombre de clients (plus de personnes assistaient aux obsèques de leur patron cela soulignait l’importance).

En 6 apr. J. -C., la loi « Aelia-Sentia » ajouta d’autres restrictions (affranchis: minimum 30 ans, maître: minimum 20 ans). Une politique nataliste fut aussi engagée, mais sans vrai succès. Mais il imposa (en 18 av. J.-C.) une « Lex Julia de manitandis ordinibus » et une « Lex Julia de adulteriis », complétées, en 9 ap. J.C, par une « Lex Papia Poppaea »: l’adultère des femmes devint un crime, les sénateurs pères de famille étaient avantagés dans leur carrière, les célibataires et hommes mariés sans enfant se voyaient imposés des restrictions ; puis, le mariage avec des affranchies était autorisé, sauf aux sénateurs.

La vie dans cette ville était attrayante, mais difficile. Elle était chère, les régions voisines et même la péninsule italienne dans son ensemble, ne pouvaient assurer un approvisionnement convenable en blé, base essentielle de la nourriture. L’approvisionnement en eau devenait insuffisant. En plus, il y eu des incendies et des débordements du Tibre causaient beaucoup de dégâts. (En 6 apr. J.-C.) Il créa sept cohortes de vigiles qui luttaient contre les incendies et assumaient la police des rues la nuit.

III- La fin de la dynastie des julio claudiens : Les malheurs de Néron.

Néron revint de son voyage en Grèce en 67 et s’aperçut que son empire subissait de nombreuses tensions : Nymphidius Sabinus, préfet de Rome, tentait de se concilier les faveurs du sénat et de la garde impériale ; Gaius Julius Vindex, gouverneur de Gaule lyonnaise et Galba, gouverneur d’Hispanie (Portugal et Espagne) se révoltèrent aussi. Néron tenta de réprimer ces révoltes, mais en vain : il condamna Galba à mort, ce dernier ne pris pas en compte les menaces de Néron et se proclama légat du sénat et du peuple romain (c’est à dire empereur), et s’allia avec Vindex et Othon, le gouverneur de Lusitanie (sud-ouest de l’Espagne) lui aussi révolté. Néron envoya Rufus, gouverneur de Germanie inférieure, combattre Vindex, qui perdit la bataille. En plus des révoltes, un autre problème majeur survint : Lucius Macer, légat de la 3ème légion Auguste en Afrique, arrêta d’approvisionner Rome en blé : une famine en découla et le peuple se révolta à son tour. Nymphidius Sabinus promit alors une récompense de 30 000 sesterces à toute personne de la garde impériale qui le soutenait au nom de Galba (22 800 euros environ).
En juin 68, le sénat démit Néron qui fut contraint de fuir Rome déguisé et alla se réfugier chez un de ses esclaves affranchi, nommé Phaon. Mais ses ennemis parvinrent à le retrouver rapidement. Néron apprit qu’il avait été condamné au parricide par le sénat: ce supplice consistait à recouvrir d'une cagoule le détenu, cette cagoule était cousu dans un sac de cuir dans lequel étaient introduits des animaux - coq, chien ou renard, ensuite le supplicié est jeté dans le Tibre. Il décida alors de se suicider mais il ne parvint pas à enfoncer le fer dans sa gorge, il dut demander l’aide d’un de ses esclaves.

IV- La crise de 68 à 69 après J-C., ou l’année des 4 empereurs.

Après le suicide de Néron, Galba rassembla ses troupes et se dirige sur Rome. La ville fut alors livrée aux partisans de Néron qui pillèrent joyeusement la capitale de l’empire. Ces partisans sont pour la plupart des esclaves affranchis, appartenant à l’armée romaine. Sabinus (le préfet du Rome) tenta de profiter de la situation et de se faire nommer empereur par l’élite de l’armée romaine (les prétoriens). Ces derniers ne voulant pas trahir Galba (ils pensaient obtenir leurs sesterces à l’arrivée de Galba) refusèrent et tuèrent Sabinus. Lorsque Galba arriva à Rome fin 68, il tua tous les partisans de Néron. L’armée romaine fut très affaiblie par ces tueries. Galba étant assez âgé, il se fit manipuler par ses conseillers qui ne s’entendaient sur rien. Il ne paya évidemment pas la somme promise aux prétoriens, le peuple de Rome se révolta contre cet empereur incompétent, les légions de Germanie se révoltèrent aussi et enfin l’empereur perdit le soutient de Vindex et de Othon.

Ce dernier l’assassina le 15 janvier 69 et obtint la faveur des prétoriens. Il se dirigea alors dans le même jour vers le sénat. Les sénateurs sous les menaces de la garde impériale furent contraints de nommer Othon empereur. Le sénat fut évidemment hostile à ce nouvel empereur (ils sollicitaient Galba) et Vitellius en Germanie rassembla ses légions et se fit acclamer empereur par ces dernières : une guerre civile débuta. Les deux armées se rencontrèrent à la bataille de Bedriac (avril 69) et Othon perdit. Il se suicida devant cet échec.

Vitellius, vainqueur, fut proclamé empereur. Ce dernier dut faire face à une nouvelle révolte, ce qui était peu commun à cette période : Vespasien rassembla alors ses troupes de Judée et vainquit Vitellius lors d’une nouvelle bataille de. Vitellius parvint à rentrer à Rome mais cacha sa défaite au peuple romain. Les romains l’apprirent et lapidèrent à mort Vitellius. Vespasien devint empereur et fonda la dynastie des flaviens. Cette dynastie assurera 124 années de stabilité politique pour l’empire.
-          Galba, empereur de juin 68 à janvier 69
-          Othon, empereur de janvier 69 à avril 69
-          Vitellius, empereur d’avril 69 à décembre 69





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