Français : étude des poètes maudits

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Des poètes maudits

Selon Verlaine, il s’agit de Corbière, Rimbaud, Mallarmé, Marcelline, Desbordes-Valmore, Villiers de L’Isle-Adam et Paul Verlaine et d’autres comme Nerval, Baudelaire, Lautréamont.
Ils possèdent des analogies : destin presque toujours tragique, sentiment d’être l’objet d’une irréversible malédiction, recherche d’une écriture qui se veut l’expression de l’Absolu.

I. Une vie placée sous le signe du tragique

1. Des frustrations affectives : ils ont souffert de manques dans leur enfance et leur adolescence.
2. Des difficultés matérielles : ils ont connu de graves problèmes financiers : insuccès, refus ou impossibilité d’assumer les contraintes d’une profession.
3. Un corps tragique : ils entretiennent une relation douloureuse avec leur propre corps : maladies indépendantes comme la tuberculose, la surdité, des troubles nerveux, la déchéance physique, utilisation de drogues (boissons, opium, hachisch), des désordres sexuels.

II. Le poids d’une triple malédiction

1. la société : ils sont différents de la société bourgeoise et conformiste ; ils souffrent de leur marginalité ; le feu fait obstacle à toute assimilation à cette société étroite et rapace, que préoccupent seulement des nécessités immédiates et vulgaires ; ils se sentent autres (race des damnés et des enfants du Soleil : incompréhension du public, mépris et rejet ; ils poussent des cris qui sont de véritables signaux de détresse.
2. Dieu : ils sentent des forces, des appels, des refus, une culpabilité qui nous font bien comprendre que le problème d’une transcendance mystérieuse et celui du Bien et du Mal sont au centre de leur drame. 
3. Eux-mêmes : ils souffrent jusqu’à l’exaspération et le désespoir de leurs insuffisances et de leurs échecs. Le « moi » est le lieu d’une bataille acharnée.

III. Une écriture « maudite »

1. Provocation et dérision : les sujets tabous, hardis et choquants et les mots (jurons et mots obscènes) ne font plus peur aux « maudits » ; ils utilisent le cynisme (se moquer de tout), le ricanement défensif ou offensif (se faire comprendre et exclure) ; Pour certaines, l’ironie de transforme en cri de rage ?
2. La recherche de l’Absolu : ils cherchent le désir d’innovation, le goût pour la cassure, la quête d’une sorte de perfection.

Il est sans soute permis d’affirmer qu’il y a eu et qu’il y aura un « maudit » chaque fois qu’un être doué pour l’écriture poétique, sensible à l’excès, exigeant, mais « différent » des autres, a tenté ou tentera de voler très haut et de dire sa singularité douloureusement vécue.

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